Valérie Levasseur, artiste-patrouilleuse des sites de camping

Publié le 14 octobre 2014 par poissonblanc Partagez: Facebook Twitter Google+

par Jeanne Beaudry-Pilotte

L’artiste laurier-montoise Valérie Levasseur était de passage au parc les 16 et 17 août derniers dans le cadre de son projet Prospection, qui amène l’art hors des sentiers battus. Le concept consiste à concevoir des images à partir de photographies d’objets trouvés sur des sites de camping. Le résultat est une série d’images poétiques mariant textures, numéros et éléments de la nature. Elle partage son expérience avec nous.

Comment as-tu été reçue par les campeurs?

Super bien! J’ai trouvé les canot-campeurs très ouverts. Au départ j’étais inquiète de les déranger sur leur île mais les gens était surpris et emballés par le projet. Malgré la pluie, tout le monde était de bonne humeur et je n’ai entendu personne chialer sur la température. Belle gang!

Comment as-tu choisi les objets que tu as utilisés dans tes œuvres?

J’avais un intérêt dès le départ pour les objets pouvant contenir quelque chose comme des coffres, des bacs à fleurs, etc., parce que ce sont mes sujets habituels. Mon expérience au parc m’a sortie de ma zone de confort parce qu’en canot-camping les gens n’apportent rien de superflu! Les objets que j’ai choisis étaient donc beaucoup reliés aux repas comme des chaudrons ou une théière.

La culture et les activités de plein-air sont deux domaines qui ne se rencontrent pas souvent. Y vois-tu un arrimage au potentiel intéressant?

J’y vois beaucoup de combinaisons à faire. C’est d’ailleurs directement relié au critère de la subvention qui m’a été accordée pour réaliser ce projet : faire de l’art en contact avec la communauté et sortir l’art des milieux habituels. Au niveau touristique, on peut joindre le tourisme culturel au tourisme de nature : les clientèles de l’un peuvent s’intéresser à l’autre! De plus, beaucoup d’artistes de Laurentides travaillent avec la nature, qui est une source inépuisable d’inspiration. Il y a aussi un parallèle intéressant à faire entre le camping sur une île et une résidence artistique à l’extérieur.

Tu as passé la nuit au parc entre ta tournée de photos et ton exposition. Comment as-tu trouvé l’expérience de création en camping, hors de ton atelier?

J’ai travaillé dans la cuisine du camp forestier et celle du Bastion et ça a inspiré mes œuvres… tellement qu’à un certain point j’avais l’impression de créer des couvertures pour des livres de recettes! Je dirais que le grand air et la nature m’ont apportée dans un état hyper concentré et très productif. La contrainte de travailler avec ce que j’avais sous la main est très intéressante pour une artiste comme moi.

En 2012 le Parc a reçu le Grand prix de la ruralité dans la catégorie Excellence et Innovation. Le comité nous a remis une de tes œuvres qui figure maintenant dans la salle Ken-Ménard du Bastion. Peux-tu nous en parler un peu?

Cette image date de mon premier corpus (ensemble d’œuvres) en sortant de l’université. L’ambiance de mes œuvres à cette époque était plus documentaire que poétique. Je transformais des objets et les mettais en scène dans la nature comme si j’étais un travailleur environnemental mesurant fictivement la forêt. Le résultat donne l’impression d’être des photos de documentation mais quand on les regarde de près on constate que les suites de chiffres n’ont pas de logique, qu’il y a de la dentelle, bref, que c’est fictif!

Pour en apprendre plus : www.valerielevasseur.com ou suivez Valérie sur Facebook!

 

 

Crédit Valérie Levasseur
Des clients curieux admirent les œuvres de Valérie à leur retour au Bastion. Crédit V. Levasseur


1 commentaire

  1. Publié le 16 octobre 2014 à 1 h 00 min par Valérie Levasseur

    Merci d’avoir écrit ce merveilleux billet Jeanne Beaudry-Pilotte. Ce fut un plaisir pour moi aussi de te recevoir pour cette entrevue, comme ce fut un plaisir de tous vous rencontrer lors de ma visite/prospection dans votre trop magnifique coin de nature!!!


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