Quelles sont les problématiques associées à l’utilisation des berges et des îles du réservoir du Poisson Blanc en terre publique ?

Augmentation des sites de camping improvisés

Au cours des dernières années, plus de 60 nouveaux emplacements de camping improvisés ont été recensés sur les berges et les îles du réservoir du Poisson Blanc par l’Association du bassin versant du Poisson Blanc. Ces sites, aménagés de façon non planifiée, ne tiennent pas compte de la sensibilité écologique des milieux naturels, de leur capacité d’accueil ni des risques associés aux incendies de forêt. Il devient donc nécessaire de mettre en place des mesures pour freiner cette augmentation et garantir que l’usage du territoire reste compatible avec la capacité de charge des milieux naturels.

Croissance de l’achalandage

L’achalandage sur le réservoir du Poisson Blanc a connu une croissance soutenue au cours des dernières années. Cette augmentation s’explique notamment par la hausse de la fréquentation touristique, l’accroissement du nombre d’embarcations de plaisance et la construction de nouvelles résidences de villégiature le long des rives du tronçon navigable du réservoir du Poisson Blanc – rivière du Lièvre. Par ailleurs, la croissance démographique des grands centres urbains situés à proximité, notamment les régions métropolitaines d’Ottawa–Gatineau et de Montréal, exerce une pression supplémentaire sur le territoire. Dans ce contexte, il est raisonnable de croire que cette tendance se maintiendra, voire s’intensifiera, au cours des prochaines années. Dès lors, le maintien du statu quo en matière de gestion des îles et des berges du réservoir dans ce secteur n’est plus une option viable, puisqu’il met en péril l’intégrité écologique de ce milieu naturel fragile.

Dégradation des milieux naturels

Plusieurs secteurs où se sont développés des sites de camping improvisés présentent des signes de déboisement et de piétinement répété, ce qui limite la régénération naturelle de la végétation. On y observe également, par endroits, une accumulation de déchets, la présence d’excréments humains et d’animaux domestiques, ainsi que du papier de toilette usé au sol. La majorité des sites de camping improvisés présentent des traces de mutilation et d’abattage d’arbres, y compris d’arbres vivants ou ne présentant pas de danger. À ce jour, ces sites affichent un niveau de dégradation écologique inquiétant, attribuable à une fréquentation intensive et non encadrée sur une longue période.

Conflit d'usage

Plusieurs visiteur·euses quotidiens et citoyen·nes des municipalités riveraines du réservoir du Poisson Blanc peuvent constater que certains emplacements très prisés sont occupés de façon prolongée par le même groupe de personnes. En confiant la gestion des îles et des berges où ce type de fréquentation est observé, il sera possible de favoriser un partage harmonieux du territoire entre les différents types d’usager·ères. Par exemple, certains sites, historiquement très convoités, seront aménagés en haltes publiques à accès journalier afin de garantir l’accessibilité et le partage des îles et des berges à une diversité d’usager·ères.

Sécurité

Le mode de gestion actuel du réservoir du Poisson Blanc implique, en cas d’intervention, la mobilisation de plusieurs intervenant·es issus de différentes municipalités, ce qui peut entraîner des défis de coordination et des délais dans l’assistance aux usager·ères. La délégation de la gestion des îles et des berges au Parc régional du Poisson Blanc permet de clarifier les responsabilités en matière de sécurité et d’intervention. Munie d’un plan d’urgence structuré et d’outils de gestion des risques, le parc dispose de la capacité d’agir rapidement et efficacement, en partenariat avec les services de premiers répondants des municipalités riveraines au réservoir . Les visiteur·euses bénéficient ainsi d’un encadrement accru favorisant des activités plus sécuritaires.

Risque d’incendie et sécurité des feux de camp

Au cours des 10 dernières années, plus de 20 foyers d’incendie ont nécessité l’intervention des services d’incendie des municipalités de Notre-Dame-du-Laus, Denholm et Bowman, et, dans certains cas, celle de la SOPFEU. La majorité de ces incendies étaient liés à des feux de camp allumés dans des zones non sécuritaires, laissés sans surveillance ou mal éteints, provoquant la propagation de feux de racines ou de brindilles dans les forêts environnantes. L’aménagement de ronds de feu sécuritaires sur des sites appropriés permettra de réduire significativement les risques d’incendie et de protéger ces milieux naturels fragiles que sont les îles et les berges du réservoir du Poisson Blanc.

En encadrant les usages et en réduisant les pressions sur les milieux naturels, il sera possible de mieux préserver le territoire pour les générations futures.

Un projet collectif

À la suite d’un processus de mobilisation et de concertation s’étant étalé sur près de deux ans, impliquant des acteurs politiques, des citoyens et des organismes à but non lucratif locaux et régionaux, notamment la municipalité de Bowman, la MRC de Papineau, l’Association du bassin versant du Poisson Blanc et la Base de plein air Air-Eau-Bois, il a été établi que l’harmonisation du mode de gestion des îles et des berges du réservoir du Poisson Blanc est la meilleure méthode pour assurer la conservation des milieux naturels, réduire les conflits d’usage et assurer la sécurité des usager·ères.

Pourquoi les choses changent ?

Tous les acteurs impliqués sont conscients que cette nouvelle chamboulera les habitudes de certains usager·ères du réservoir du Poisson Blanc. Or, si vous avez fréquenté les îles et les berges de ce secteur au cours des dernières années, vous avez sans doute constaté une détérioration progressive de l’état des lieux, notamment par le déboisement, la mutilation et l’abattage d’arbres vivants ou non dangereux, la présence de déchets, d’excréments et de papiers de toilette laissés au sol, etc. Avec la croissance importante de l’achalandage et celle à prévoir dans le futur, le statu quo n’était plus envisageable. En encadrant les usages et en réduisant les pressions sur les milieux naturels, il sera possible de mieux préserver le territoire pour les générations futures. Cette gestion encadrée permettra de garantir un accès partagé au réservoir dans un esprit durable, tout en préservant ses caractéristiques exceptionnelles.

Un règlement adopté par la MRC

de Papineau pour encadrer le

camping sur les îles et les berges

du réservoir du Poisson Blanc

situées dans la municipalité

de Bowman

La MRC de Papineau a adopté le Règlement numéro 214-2025, visant à encadrer la pratique du camping récréatif sur les terres du domaine de l’État situées sur son territoire et ainsi protéger cette nature d’exception. Considérant la croissance de l’achalande et l’état des îles et des berges du réservoir du Poisson Blanc dans la municipalité de Bowman, la MRC de Papineau a mandaté le Parc régional du Poisson blanc pour veiller à l’application de ce règlement dans ce secteur.

En vertu du règlement 214-2025, le camping sur le réservoir du Poisson Blanc dans la municipalité de Bowman est permis uniquement sur les 14 sites de camping identifiés sur la carte. Ces sites de camping seront disponibles en location sur le site web du Parc régional du Poisson Blanc. Les employé·es du Parc régional du Poisson Blanc sont mandatés par la MRC pour faire l’application de ce règlement pour le secteur du réservoir du Poisson Blanc. Un suivi environnemental de ces sites sera réalisé sur une base régulière.

EN SAVOIR PLUS SUR LE RÈGLEMENT 214-2025 DE LA MRC DE PAPINEAU

Désormais, les sites de camping rustiques situés sur les îles et les berges du réservoir du Poisson Blanc dans la municipalité de Bowman sont intégrés au Parc régional du Poisson Blanc. 

Voir la carte du Parc 2026

Plus de détails sur les sites

de camping et haltes intégrés

au Parc régional du Poisson Blanc

  • 14 sites de camping s’ajoutent à l’offre de réservation du Parc régional du Poisson Blanc. En contrepartie des frais de réservation, ces sites sont sobrement aménagés (bécosse, rond de feu, table de pique-nique, banc, base de tente, etc.), et du bois de feu de camp est livré directement aux usagers pour éviter le déboisement.
  • En vertu du règlement 214-2025, le camping sur le réservoir du Poisson Blanc dans la municipalité de Bowman est permis uniquement sur ces 14 sites de camping identifiés sur la carte. Ces sites seront disponibles en location sur le site web du Parc régional du Poisson Blanc.
  • Plusieurs sites autrefois utilisés pour le camping seront convertis en haltes publiques d’accès journalier. Au total, 11 haltes seront aménagées afin d’accueillir les plaisancier·ères souhaitant profiter d’un après-midi ensoleillé sur le réservoir du Poisson Blanc. Elles seront équipées de tables de pique-nique et de bancs. Le camping y sera interdit et les chiens devront être tenus en laisse.

Les nouveaux sites et haltes intégrés au Parc régional du Poisson Blanc feront l’objet d’un suivi environnemental en collaboration avec l’Université Carleton

Suivi environnemental

des sites de camping et des haltes

Depuis 2024, l’équipe du Parc régional du Poisson Blanc collabore avec l’Université Carleton dans le cadre du programme de surveillance de l’intégrité écologique pour suivre l’état environnemental des sites de camping et des haltes du réservoir du Poisson Blanc. Les données recueillies sur le terrain permettent au Parc d’améliorer ses pratiques d’aménagement et de gestion, tout en alliant conservation et récréotourisme.

En savoir plus sur le projet avec l’université Carleton